mardi 8 mai 2012

SAMEDI 15 JUILLET 1972

BOHEMIENNE A MIDI ET INFIRMIERE LE SOIR MURIEL BAPTISTE SERA REINE DANS « LES ROIS MAUDITS » Cette semaine, cinq ans s’écouleront chaque jour entre 12h30 et 20h15. A 12h30, sur la 1er chaîne, la télévision rediffuse « La Princesse du rail », un feuilleton qui révéla en 1967 une jeune comédienne au talent charmant et déjà très personnel : Muriel Baptiste. A 20h15, toujours sur la première chaîne, un feuilleton nouveau de Roger Burckhardt que l’on peut suivre depuis deux semaines déjà « Les Dernières volontés de Richard Lagrange » vous propose une jeune vedette dans le rôle d’une fille comme les autres à qui il arrive des choses pas comme aux autres : Muriel Baptiste. Entre ces deux personnages que nous pourrons voir au cours de la même journée se situe une carrière qui est passée par le théâtre (« Gigi », « Tchao »), par le cinéma (« Les sultans », « La cavale ») et naturellement par la télévision avec surtout deux œuvres que nous verrons la saison prochaine : « La Double vie de Mademoiselle de la Faille », une histoire de réincarnation réalisée par Michel Subiela, et « Les Rois maudits » , d’après Maurice Druon, six épisodes d’une heure réalisés par Claude Barma où elle sera la reine Margot. Muriel Baptiste ne sait trop si elle doit être contente ou mécontente de cette double programmation. Vous croyez que c'est bon pour moi? Deux fois par jour, c'est drôle! Je ne vais plus pouvoir regarder la télévision" Et Muriel d’expliquer qu’elle a horreur de se voir à l’écran. Elle éprouve une très désagréable impression, indéfinissable mais insupportable. Ce qui lui vaut quelquefois de bien fâcheuses. "Le soir de la première de Gala des "Sultans", j'avais promis à Jean Delannoy, le metteur en scène, de venir et il m'avait réservé une place près de lui. J'avais même acheté une robe longue exprès pour cette occasion. Une fois maquillée et habillée, j'ai été prise d'une telle panique que je suis restée clouée sur place. On m'attend encore!" - Je suppose que vous n’avez donc pas vu « Les Dernières volontés de Richard Lagrange » dont le premier titre était d’ailleurs « Une fille comme les autres ». Quel genre de personnage êtes-vous ? "Une fille pas tellement comme les autres, parce que le rôle a été un peu modifié en cours de tournage. Il a, je crois, plus de force et de caractère qu'au départ. Cette fille a son destin d'infirmière bouleversé par le testament d'un homme qui est peut être son père. Elle doit affronter une série d'évènements. Ce n'est pas simple, mais elle est de taille à leur faire face." - On a l’impression en effet que la petite gitane de « La Princesse du rail » a pris de l’assurance et qu’elle sait fort bien ce qu’elle veut. Mais s’agit-il de vous ou des personnages que vous incarnez ? Muriel met la tête dans ses mains avec un geste de petite fille à qui l’on pose une question difficile. "Je ne sais pas, je ne choisis pas mes rôles en fonction de leur importance mais de leur caractère. Qu'ils soient comiques ou dramatiques ou les deux - le rêve! - il faut que le personnage intéresse, qu'il vive, qu'il agisse. Voilà, je crois que je deviens de plus en plus exigeante sur ce point. Et il m'est arrivé de refuser des tas de choses jusqu'à ce que je trouve le rôle dont j'ai envie". - Quand vous regardez en arrière, comme ça très rapidement, quels sont les rôles qui vous ont marquée, ceux qui restent au-dessus du lot ? "D'abord, il y a eu "Gigi", celui de mes débuts, passionnant en lui-même et qui plus est pour moi l'image même d'une chance extraordinaire, celle d'avoir été choisie alors que je ne connaissais personne ou presque dans le métier. Il y avait deux mois que je prenais des cours à la suite d'un concours de circonstances incroyable: un metteur en scène italien voit ma photo dans un magazine. Il me cherche partout, me trouve chez Catherine Harlé où je posais pour des photos publicitaires, me fait prendre des cours de comédie alors que je n'y pensais nullement - moi mon rêve c'était d'être journaliste - et au bout du compte le film ne se fait pas... mais je suis choisie pour "Gigi"! Ensuite, il y a eu des rôles intéressants (« Tchao » avec Pierre Brasseur, par exemple) au cours desquels l’ingénue est devenue une jeune femme à la personnalité, douée d’une incontestable présence. Mais le rôle le plus récent, le plus difficile et le plus beau que Muriel ait joué est celui de Marguerite de Bourgogne dans « Les Rois maudits », un rôle qui au début est celui d’une jeune reine heureuse et gaie, pour devenir celui d’une femme martyre sombrant dans la folie et dans la mort. Muriel Baptiste a beaucoup souffert pour incarner ce personnage mais elle en parle encore avec une lumière admirative dans les yeux : "Je ne savais pas que j'avais tout ça en moi. Le travail a été merveilleux mais épuisant. J'ai été malade après. Il m'a fallu me reposer, voyager pour enfin me retrouver et je n'ai rien fait depuis. C'était en mars (1972)." - Et naturellement, vous n’avez pas vu en projection ce que vous avez fait ? Muriel rit malicieusement : "Barma m'a dit que c'était formidable, je préfère rêver le plus longtemps possible avant de juger".

lundi 7 mai 2012

DU 6 AU 13 JUILLET 1972

Jeudi 6 Juillet 1972 En fait, le tube de l'été n'est pas "fais comme l'oiseau" mais la plus belle chanson jamais écrite par Fugain: "Une belle histoire". L'été suivant, ce sera "Chante, comme si tu devais mourir demain", qui devint mon hymne à Muriel. Je relaterai juillet 1973 plus tard. Chaque jeudi, la Une nous propose une série anglaise, "Aventures australes" avec Ty Hardin, ce soir-là l'épisode "Le sang du capitaine". Rediffusée une seule fois (septembre 1974), cette daube sera vite oubliée. En été, l'ORTF programmait n'importe quoi sachant que les gens étaient en vacances. Dans le troisième épisode de Richard Lagrange, Castel fait part de son inquiétude à Viviane. Si Richard a une fille, elle devient l'héritière légitime. Le réalisateur Roger Buckhardt fait "durer" l'intrigue et il ne se passe pas grand chose jusqu'à l'épisode où Geneviève arrivera trop tard et trouvera son père mort. Muriel Baptiste a demandé une réécriture de son rôle afin que Geneviève soit un personnage plus affirmé, mais sans doute pensait-elle à sa propre enfance. Ce père, Roger Baptiste, mort à 56 ans à Suresnes le 8 décembre 1971, le voyait-elle ? Etait-t-il même son père, Muriel ayant déclaré avoir des origines kabyles ? Sa mère Renée Meunier, qui ne s'est jamais occupée d'elle, et lui a survécu 3 ans. Muriel comme Geneviève était une orpheline à sa façon. Vendredi 7 Juillet 1972 Quatrième épisode de "Richard Lagrange". Adrien Le Tort a retrouvé Vandenberghe, qui lui explique que la mère de Geneviève est morte en 1951 et l'enfant a été pris par une certaine Thérèse Dupré. Geneviève elle commence à se poser des questions sur son passé. Richard Lagrange est un infirme, grièvement blessé en Corée, et qui survit dans d'atroces souffrances. A la tête d'une immense fortune, il a caché à sa femme son premier mariage. Maurice Castel lui, qui a des visées sur la "veuve" et veut continuer à s'occuper des affaires du futur défunt, va tout faire pour écarter Geneviève de son père. Mais Castel se montre tellement avide qu'il s'attire des remarques du notaire, Maître Montigny. Par chance, "Les dernières volontés de Richard Lagrange" est diffusé 6 jours sur 7. Il n'y a que le dimanche où je sois privé de ma chère Muriel. La rediffusion de "La Princesse du rail" prendra la même cadence (diffusion en semaine et le samedi). Dans toute sa carrière, Muriel n'a jamais été aussi présente à la télévision. Samedi 8 juillet 1972 Un des tubes de l'été "T'as pas le temps" marque les débuts de Catherine Lara, qui sort son premier 33 tours, "Ad Libitum". Elle est l'invitée Ce samedi, elle est l'invitée de Philippe Bouvard à 22h35 pour la "dernière" de la saison. Juste avant, à 21h45, c'est le sixième et dernier épisode de "Mandrin", le célèbre voleur, rebelle au service des pauvres. Evidemment, comme Jeanne d'Arc, cela ne peut pas finir bien. Je ne me souviens plus si l'on voit ou non l'exécution de Mandrin. Il est roué vif à Valence le 26 mai 1755. Rappelons que la frileuse ORTF ne voulait pas programmer cette série, car à l'époque, le pouvoir avait des déboires avec Gérard Nicoud et le Cidunati et que la série était considérée comme un appel à la révolte. L'interprète de Mandrin, Pierre Fabre, qui fait la couverture de Télé Poche plus une interview deux pages (Une semaine avant Muriel Baptiste) ne fera pas carrière et mourra oublié de tous le 23 mars 2006. Sa carrière était finie depuis 1987 et il a tourné moins que Muriel (16 rôles contre 21). En début de soirée sur la 2, troisième "Jeux sans frontières" de la saison 1972. 9e épisode de "Omer Pacha" à 15h10 sur la 2 :"L'attentat". Et bien sûr Muriel à 20h15 sur la Une dans le 5e épisode des "Dernières volontés de Richard Lagrange". Richard Lagrange, très affaibli, désire plus que jamais rencontrer Geneviève, qu'il croit être sa fille. Il convoque son notaire Me Montigny, par l'intermédiaire de Maurice Castel. Quel paradis d'avoir Muriel tous les soirs sur le petit écran. Même si son rôle a moins d'éclat que dans "La Princesse du rail". Au cours d'une visite médicale, Geneviève Lagrange découvre que le petit Paul Sahel avait des traces de coups et elle veut rencontrer ses parents. Infirmière par vocation, elle ne compte pas ses heures et nous présente le visage d'une héroïne comme la télévision les concevait à l'époque. Quel dommage que la série n'ait jamais été rediffusée. Dimanche 9 juillet 1972 Journée sans Muriel. A 13H15 sur la Une, rediffusion de la série "Quentin Durward" avec Amadeus August et Marie-France Boyer, déjà vue en janvier 1971 sur la 2. Comme "Omer Pacha", un bon feuilleton vite rediffusé, mais par la suite tombé dans l'oubli. Le soir, un étonnant nanar signé Claude Chabrol "Le tigre se parfume à la dynamite", avec Roger Hanin. En dehors de cela, rien d'intéressant à regarder. (Et encore, pour aimer "Le tigre", il ne faut pas être difficile). Les programmes du dimanche sur la 2, tout comme en 1973, étaient calamiteux. Je l'ai déjà relaté en long et en large sur ce blog. Pour en revenir à "Richard Lagrange", une programmation en été a sans doute privé Muriel d'un public nombreux. Les gens partent en vacances sans télé à l'époque. Lundi 10 juillet 1972 Sur la Une, à 20h40 débute la soporifique "Feuille d'érable", série que les canadiens nous ont envoyé et qui va encombrer la case horaire du feuilleton du lundi soir. Juste avant à 20h15, Muriel. C'est le sixième épisode des "Dernières volontés de Richard Lagrange". Convoquée par Maurice Castel, elle arrive au moment où Richard succombe. Viviane, la veuve, est affollée, et Geneviève en profite pour entrer dans la maison et monter les escaliers. Elle se trouve face à un cadavre. Elle repart comme elle est venue et rejoint Monique et Robert qui l'attendent dans la voiture. Geneviève très vite tente d'oublier ce père sitôt entré dans sa vie sitôt sorti. Elle demande à son patron, le docteur Terrier (Gérard Garrat) l'autorisation d'aller chez les Sahel. Une première fois, elle n'a pas trouvé les parents, mais la seconde est la bonne. Ils assurent n'avoir pas frappé leur enfant et veulent bien le confier à Geneviève pour qu'elle le fasse examiner. Mais Geneviève ne peut s'empêcher d'aller sur la tombe de son père où Viviane la suprend. Viviane lui propose de faire amie amie. A chaque épisode, Muriel me charme un peu plus, mais ce n'est que le lundi suivant, quand "La Princesse du rail" sera programmé que je verrai que la petite gitane qui faisait battre mon coeur en 1967 et l'infirmière blonde sont une seule et même personne. Il faisait beau, c'était le temps du bonheur, Fugain chantait "Une belle histoire", c'était l'été, comme j'aimerai remonter le temps et retrouver cette époque là. Mardi 11 juillet 1972 7e épisode des "Dernières volontés de Richard Lagrange". Lors de l'enterrement de Richard Lagrange, Geneviève n'ose pas se mêler à la famille. Mais elle rencontre ensuite Viviane sur la tombe de son père présumé. Celle-ci invite Geneviève chez elle et les deux femmes évoquent le souvenir du disparu. Viviane lui présente également Maurice Castel qui se montre très réservé envers la jeune fille. Pour lui la filiation n'est pas du tout prouvée et Geneviève ne doit pas nourir de faux espoirs. Pourtant, Viviane lui donne la photo que Richard gardait sur lui. Il représente Geneviève il y a vingt ans. Mais à peine partie, Castel dit du mal d'elle. Or, Geneviève a oublié ses gants et entend par la porte entrouverte les propos de Castel. Bouleversée, elle ne rejoint pas Monique et Robert et déjeune d'un sandwich dans un snack bar. Au cours d'une partie de belote avec le couple et sa marraine, elle jette les cartes furieusement lorsque Robert évoque la fortune de Richard Lagrange. Muriel apporte toute sa sensibilté au personnage, qui n'oublie pas le petit garçon, Paul Sahel, qu'elle va présenter au docteur Terrier. En dehors de ce feuilleton, on peut voir ce mardi là "Omer Pacha" sur la 2 "(Huitième épisode : "L'attaque") à 18h30. Deuxième épisode de "Mardi Soir" à 20h30 sur la 2, "Le Pigeon" avec Sammy Davis Jr, acteur auquel Télé 7 Jours consacre deux pages. Mercredi 12 juillet 1972 12e et avant dernier épisode de "Omer Pacha" sur la 2 à 18h30 : "Elisa". Le soir, sur la Une, Chancel reçoit quelques artistes excellents : Maurice Fanon, Gilles Vigneault, Serge Reggiani, Muddy Waters, mais il faut supporter Tino Rossi et Nana Mouskouri. 8e épisode des "Dernières volontés de Richard Lagrange" à 20h15. Geneviève fait admettre à l'hôpital le petit Sahel, dont le docteur Terrier et un dermatologue, le docteur Armand (Pierre Ruegg) vont s'occuper. L'enfant proteste d'abord, mais Geneviève le rassure. Maurice Castel essaie d'effrayer Viviane en lui disant, après un rendez vous chez Me Montigny le notaire, qu'elle risque de se retrouver démunie. Le "beau garçon" de l'histoire, Bernard Montigny (Bernard Rousselet) fils du notaire et médecin en Afrique en vacances à Annecy, sera plus tard l'amoureux transis de Marie-France Pisier dans "Les Gens de Mogador". Geneviève, convoquée par le notaire, prend l'autocar pour Annecy, mais Me Montigny est absent, il vient d'être appelé pour une affaire urgente. Nous comprenons que Jean Claudio est le "méchant" de l'histoire, car il fait la cour à la veuve (Viviane), veut déposséder de ses droits l'héritière (Geneviève) et a en fait une maîtresse, sa secrétaire, Fabienne (Lise Lachenal, l'accusée dans "Le Premier juré", autre feuilleton avec Muriel dont j'ai longuement parlé sur ce blog). Le feuilleton n'est certes pas ce que Muriel aurait pu tourner de mieux, elle a raté des tas d'autres rôles plus intéressants. Mais au moins la voit on sans arrêt à l'écran. Plus les jours passent, plus je reconnais en Muriel "la Princesse du rail". Jeudi 13 juillet 1972 A 18h30, dernier épisode de "Omer Pacha" sur la 2. La série ne sera pas remplacée, et le lendemain, les programmes commenceront à 19h30. Sur la Une, à 21h40, suite des aventures calamiteuses du capitaine Moss Andrews dans "Aventures Australes", dont c'est le troisième épisode, "Le mythe Mc Quade". A 22h30, bal du 14 juillet en direct des Tuilleries avec Pierre Perret. Notons sur la Une à 18h05 dans les émissions pour les enfants la série "Woobinda, médecin des animaux", dont c'est le sixième épisode. Ce sont ce 13 juillet des programmes de disette, avec sur la 2 une rediffusion de 1969, "Le Huguenot récalcitrant" avec Jacques Dufilho, et sur la Une, à 20h40, le magazine d'information, "L'actualité en question". Donc, l'essentiel de la soirée, et du jour, c'est le 9e épisode des "Dernières volontés de Richard Lagrange". En se rendant à une convocation de Me Montigny, Geneviève rencontre Bernard, le fils du notaire. Cette vision du jeune homme grand, bronzé, médecin dans l'humanitaire en Afrique, en somme le chevalier sans peur et sans reproches, c'est du roman photos. Et l'on comprend que Muriel, qui a tourné des rôles de femmes indépendantes dans "La Princesse du rail" et que nous allons voir en Marguerite de Bourgogne, en ait eu assez. Elle déclare en 1977 à Télémagazine: "On ne me proposait que des rôles de minettes". Si Jean Claudio en Maurice Castel va jouer à la perfection le salaud intégral, Bernard Rousselet peine à nous faire croire à ce défenseur de la veuve et de l'orphelin, qui décide parce-que Geneviève le lui demande, de s'occuper du petit Paul Sahel (Giovanni Pugliese). Comme par hasard, l'enfant que l'on pourrait croire battu à travers les marques qui parsèment son corps, est victime d'une maladie tropicale, ses parents revenant d'un séjour en Afrique. Si dans "Les Gens de Mogador", Rousselet est parfait en amoureux transis de Ludivine, ici, il se voit attribuer un rôle médiocre et improbable. Idem pour le notaire qui vient en aide à l'orpheline. Il lui propose de lui avancer sur son héritage le montant des frais du détective Adrien Le Tort pour établir sa filiation. En attendant le retour de ce dernier parti aux Etats Unis après avoir été congédié par le moribond Richard Lagrange, c'est Castel qui est chargé, en accord avec Geneviève, de cette mission. Mais le notaire sortant de ses attributions, confie à Geneviève qu'il se méfie de lui. Bref, on nage en pleine invraisemblance, et Muriel aurait mérité mieux. Elle ne sera pas mieux lotie avec le feuilleton suivant "Le Premier juré" en Pierrette Vanier. Ces deux personnages sont à l'opposé de Muriel, à la différence d'Annunciata et Marguerite. L'intérêt de "Richard Lagrange" est donc de la voir beaucoup, pendant 30 épisodes avec un premier rôle. Mais vu son talent, Muriel est ici sous employée.

lundi 30 avril 2012

Mercredi 5 juillet 1972

A 20h15, deuxième épisode de "Richard Lagrange" Le détective privé Adrien Le Tort a été chargé par un homme d'affaires canadien, Richard Lagrange, de rechercher la fille qu'il aurait eu de sa première femme Gilberte, morte en 1950 peu après leur mariage alors qu'il se trouvait en Corée. Le Tort pensant l'avoir retrouvée, il se rend au domicile de Lagrange où il est accueilli par sa seconde femme Viviane (Anne Vernon). Puis, il fait une visite à la marrraine de Geneviève, Mme Lebrun. Le feuilleton multiplie les scènes d'exposition et l'agonie de Richard Lagrange, histoire de bien nous familiariser avec chacun des personnages. D'abord Castel, le "méchant", joué par Jean Claudio, il est l'homme d'affaires de Lagrange, et veut séduire la future veuve Viviane. Castel voit d'un mauvais oeil l'arrivée d'une héritière. Il y a le notaire de Lagrange, Me Montigny, joué par Henri Vilbert, que Muriel Baptiste connaît puisqu'il était Melchior dans "Le Corso des tireurs". Peu à peu, les principaux protagonistes entrent en scène, comme au théâtre : Viviane, Castel, Mme Lebrun, Monique, Robert le fiancé de Monique, Adrien Le Tort, et l'ultime témoin qui peut identifier Geneviève, Vandenberghe. Pour l'occasion, Muriel est rajeunie de quelques années, son personnage est né en 1951. En dehors de ce deuxième épisode, il y a sur la 2 le 6e épisode de "Omer Pacha", "Le déserteur", et aux dossiers de l'écran un film de science fiction de Truffaut, "Fahrenheit 451", tiré d'un roman de Ray Bradbury. Côté chansons, outre "Pop Corn" que j'ai déjà cité, Fugain chante "Fais comme l'oiseau", Vicky Léandros "Après toi", "C Jérome" a lancé son "Kiss me", Véronique Sanson débarque avec "Besoin de personne". Le 29 juin, Bobby Lapointe nous a quitté frappé d'un cancer. Au cinéma ressort "Les choses de la vie" avec Romy Schneider et Michel Piccoli dans lequel joue Lapointe. Nous allons voir le film en famille. L'ORTF a failli ne pas retransmettre le tour de France faisant la chasse à la publicité clandestine. Eddy Mercks le gagnera. Muriel n'a plus rien tourné depuis mars, à l'issue d'un rôle éprouvant dans "Les Rois maudits".

dimanche 29 avril 2012

Mardi 4 juillet 1972

Avec l'été, une série médiocre arrive sur la 2 : "Mardi soir", en fait une collection de téléfilms produits par la chaîne américaine ABC. Premier épisode à 20h30 : "Aide-toi, le ciel t'aidera", avec George Maharis. Mais l'essentiel de cette soirée se trouve sur la Une à 20h15 avec le premier épisode de la série "Les dernières volontés de Richard Lagrange". 30 épisodes de 15 minutes, représentant 8 heures de film, et ce sera la seule fois dans toute sa brève carrière que Muriel Baptiste sera seule aux commandes. Elle est la vedette principale, sans partage. Elle y retrouve son partenaire de "Lancelot du lac", Tony Taffin, qui joue ici son père. Grâce à elle, Annie Sinigalia est imposée à la production, les deux actrices étant devenues amies en jouant la pièce "Zoé". Infirmière à l'office de santé de Genève, Geneviève (Muriel Baptiste) ne connaît pas ses parents. Elle vit chez sa marraine Mme Lebrun (Paulette Dubost, avec qui Muriel joua "Le corso des tireurs"). Sa meilleure amie est Monique (Annie Sinigalia) fiancée à un jeune garagiste, Robert (François Brincourt). Tandis qu'elle déjeune avec Monique, un enquêteur, Adrien Le Tort (Georges Wod) les aborde et pose des questions à Geneviève. Lorsqu'elle retrouve sa marraine, Geneviève se rend compte que Le Tort est venu aussi la baratiner et lui poser des questions à son sujet. Muriel Baptiste, malgré la télé en noir et blanc, est ici une infirmière blonde, à cent lieues d'Annunciata très brune. Il est évident que le charme n'opère pas sur moi de la même façon dans "Richard Lagrange" que dans "La Princesse". Pourtant, le jour de l'épisode final de "La Princesse du rail", ma grand-mère me voyant triste me dira "Tu la retrouveras ce soir". En fait, Muriel n'était ni brune ni blonde mais châtain. En juillet 1972, je suis à deux mois de mon 13e anniversaire, on peut considérer que c'est une redécouverte de Muriel pour moi. Sans doute, si elle avait continué sa carrière, été présente, aurais-je encore changé ma façon de l'aimer. Mais en 72, sa sensualité m'échappe complètement, et Muriel restera un amour contemplation sans aucun désir physique. Petit à petit, je vais me rendre compte que chacune de ses apparitions télévisées fait cogner mon coeur très fort dans ma poitrine.

lundi 23 avril 2012

SAMEDI 1er JUILLET 1972

La vie est tout de même étrange. Depuis 1969, ma famille ne partait plus en vacances. L'été 1972, mes parents partirent en vacances du 15 août à la rentrée scolaire. S'ils étaient partis en juillet, je ne serais pas en train d'écrire sur ce blog. En février mars 1967, j'étais tombé amoureux, très jeune, à sept ans, de l'héroïne de la série "La Princesse du rail". Mais la comédienne en question, Muriel Baptiste, que j'appelais "La Princesse du rail" avait continué à tourner dans des programmes que je n'avais pas vus. En 1972, si elle n'avait pas de rivale (je n'étais amoureux de personne), je ne pensais plus trop à elle. Et voilà que ce mois de juillet, Muriel allait faire un retour fracassant. Le 1er juillet, c'est le tour de France qui est à l'affiche des programmes télé. Télé Poche met en couverture Eddy Merckx et Télé 7 jours Raymond Poulidor. Samedi 1er juillet, je regardais la série "Omer Pacha", dont c'était le 5e épisode, sur la 2 à 15h10. C'était la deuxième diffusion en peu de temps. Une fort belle histoire de lieutenant autrichien accusé à tort de trahison. Mais nous sommes à la télévision, et Michael Latas, le héros, ne connaîtra pas le sort d'Alfred Dreyfus. Comme dans les contes de fée, tout se terminera bien, ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants. Télé Poche annonçait la rediffusion de "La Princesse du rail" à la place de l'émission de Danièle Gilbert qui s'arrêtait le 15 juillet. Il n'y avait pas grand chose pour me passionner ce samedi à la télévision. Sur la Une, l'après-midi était dédié aux sports : Athlétisme et Tour de France. L'émission "Samedi Loisirs" n'offrait rien d'intéressant. J'écoutais sur mon électrophone le 45t de Anarchic System "Pop Corn", tube de l'été. Le soir, la Une proposait une série policière ennuyeuse, "Les dossiers de Maître Robineau", tandis que c'était la deuxième émission des "Jeux sans frontières" édition 1972. Téléspectateur naïf, je regardais ces jeux comme si c'était tout naturel de les voir. Heureusement, à 21h45, il y avait le feuilleton, en l'occurence "Mandrin" avec Pierre Fabre. Cinquième épisode, nous approchions de la fin puisque la série en compte six. A 20h15, c'était le 25e épisode d'un feuilleton, sur la Une, "Les chemins de Pierre", qui ne m'intéressait pas et se terminerait le lundi. Une grande surprise allait m'attendre le mardi.

lundi 2 avril 2012

DU 26 AVRIL AU 8 MAI 1973

26 avril

Quelque chose me tracasse depuis quelques jours. En 1972-1973, je ne disposais que de "Télé Poche" pour m'informer sur les passages télé de Muriel. Je n'achèterai "Télé 7 jours" en plus de Télé Poche qu'à partir de septembre 1973.

Comme pendant la période qui va de juillet 1972 (rediffusion de "La Princesse du rail") jusqu'à juillet 1974 (dernière apparition de Muriel dans "Un curé de choc"), elle était l'objet numéro un de mes pensées, que je parcourais dix fois plutôt qu'une Télé Poche, je reste pantois en apprenant que le lundi 21 mai 1973, l'après midi, de 14h25 à 15h45 sur la Une, fut diffusé "Déclic et des claques", premier film au cinéma de Muriel.

Quand je me souviens du scandale que j'ai fait le 9 février 1974 parce-que mes parents voulaient voir Top à Joe Dassin et Arsène Lupin sur la 2 un samedi, alors que "La double vie de Mlle de la Faille" était diffusé sur la Une, il me semble abbérant que je n'ai aucun souvenir de ce film manqué. Manqué puisque le lundi, je quittais le collège, en classe de quatrième, à 17h. Et pas question de sécher l'école ces années-là.

Autre surprise : c'est la fameuse semaine où je vis, pour 1973, la toute dernière fois Muriel. Télé Poche avait mis une photo de Jean Piat le mercredi dans "Emissions pour les jeunes". En effet, à 17h10, "A nous l'antenne" était consacré à Jean Piat, avec une interview et des extraits de "Ruy Blas", "Les fausses confidences", "Cyrano de Bergerac" et "Les Rois maudits".

Parmi 6 épisodes de 90 minutes, j'eu l'immense chance que l'extrait choisi soit le début de "La reine étranglée", juste après que Jean Piat déclame "Je suis le comte Robert D'Artois", lorsqu'il découvre Marguerite et Blanche recluses à Chateau Gaillard, et que Muriel-Marguerite lui dit "Vous voyez ce que l'on a fait de nous, même pas un siège à offrir à un seigneur de votre poids".

A deux jours d'intervalle, j'aurais dû encaisser une immense déception (ne pas voir "Déclic et des claques") et m'enchanter d'une rediffusion d'un passage de Muriel dans "La reine étranglée". Mais je n'ai aucun souvenir de la déception du lundi.

En 1973, je ne disposais pas comme aujourd'hui de la filmographie complète de Muriel. Je savais qu'elle avait joué dans "Les sultans", "La cavale", "La princesse du rail", "Maigret aux assises", "Gigi", "Les dernières volontés de Richard Lagrange", "Tchao", "Le premier juré", "Les risques du métier". Et qu'elle reviendrait dans "La double vie de Mlle de la Faille".

J'ignorais tout de "Quelle famille", "Déclic et des claques", "Le mois le plus beau", "Plainte contre X", "Par mesure de silence", "Le corso des tireurs", "Lancelot du lac", "Les chevaliers du ciel", "Zoé", "Allo Juliette". J'aurais donc au minimum découpé dans télé poche la présentation de "Déclic et des claques" pour la coller dans mes cahiers. J'ai vu en octobre 1967 "Les chevaliers du ciel" mais pas reconnu Muriel sans sa perruque brune d'Annunciata, princesse de bohême et du rail.

Bien entendu, Muriel étant encore en activité en 1973, je ne pouvais deviner ses deux rôles à venir: "L'affaire Bernardi de Sigoyer" et "Un curé de choc".

27 avril

Troisième jour sans Muriel. A l'époque, je ne souhaitais pas qu'elle devienne une trop grande star et "m'échappe" : le destin a fait hélas que j'ai servi au-delà de toutes mes espérances puisque Muriel est tombée dans l'oubli.

En jouant dans "Le premier juré", Muriel a fait un mauvais choix. La série n'a eu aucun succès. Celle qui la suit, "Arpad le tzigane" (26 épisodes) aurait comporté un rôle pour Muriel, l'héroïne, jouée par Edwige Pierre. La série Arpad sera rediffusée en feuilleton quotidien deux ans plus tard. Mais la coproduction franco-allemande exigeait une comédienne allemande, Edwige Pierre, aux côtés du français Robert Etcheverry.

Les critiques des téléspectateurs sur "Le premier juré" sont toutes négatives. Mais c'est l'histoire qui est jugée peu passionnante, aucune allusion aux interprètes.

Voici une lettre de Monsieur ARMANI à Nevers, qui n'aime pas "Le premier juré". (Télé 7 jours N°678-21 4 1973)

"Il y eut d'abord "Suivez Budard" de sinistre mémoire, et ensuite, deuxième super-navet, "Alphoméga". Deux records difficiles à battre dans le domaine de l'ânerie. C'est maintenant un record de lenteur qui nous est offert avec "Le Premier juré". En effet, les quatre premiers épisodes nous apprennent que nous allons assister au procès d'une jeune fille (innocente), et qu'un des témoins, qui devait se marier le jour de sa déposition, viendra tout de même témoigner (quatre quart d'heures). L'un des épisodes nous montre comment les témoins s'habillent, prennent le petit déjeuner, changent de cravate, etc. Les auteurs nous ont prévenus qu'il s'agit d'un feuilleton de vingt épisodes. Cela nous permettra d'attendre le dix-septième ou le dix-huitième pour assister à l'audience:".


En ce temps-là, je rêvais et souvent l'écran de télévision montrait des images qui défilaient devant moi alors que j'avais l'esprit ailleurs, à penser à Muriel. Ce sera le cas pendant la série montagnarde "Là-haut, les quatres saisons" comme cela s'était produit pour "Les gens de Mogador".

Ce vendredi 17, quatrième épisode de "Chapeau melon et bottes de cuir" : "Le document disparu" à 15h15 sur la 2, 23e du "Temps de vivre, le temps d'aimer". Mes parents regardèrent "Fanny" sur la 2 au lieu du sixième épisode de "Mission Impossible" : "Le rebelle" sur la Une.

Voilà qui relève du mystère complet.

Pour revenir au 26 avril 1973, "Le temps de vivre le temps d'aimer" perd tout intérêt, puisqu'il n'est plus suivi par "Le premier juré".

Pas vu pour cause de collège "Chapeau melon et bottes de cuir" : "Jeux" (3e épisode avec Linda Thorson). En soirée, entre la Une avec "La fusillade en réponse à Dostoievsky" et "Le grand amour de Balzac", la télé est restée éteinte. Sans doute après Guy Lux qui recevait Hugues Aufray pour un "Coup de chapeau".

Côtés disques, Télérama signale les 33t de Jean Michel Caradec ("Mords la vie"), Daniel Guichard ("La tendresse") et Diane Dufresne ("Tiens toé bien, j'arrive").

28 avril

Le samedi 28 avril 1973 précédait le pont du 1er mai et j'allais rester plusieurs jours sans télé, même si je ne le regrette pas.

Je raterai le dimanche la fin du "Jeune Fabre" et le lundi le 4e épisode du "Loup des mers": "Une femme à bord", épisode dans lequel jouait une actrice brune rappelant Annunciata, Béatrice Cardon, dans le rôle de Maud Brewster. Mais elle meurt à la fin de l'épisode de sorte que je ne l'ai vu que dans le résumé du 5e épisode et dans "Télé Poche".

Ce samedi, veille d'un départ de plusieurs jours vers un Toulon ensoleillé, je ne pensais bien entendu qu'à Muriel. Avec une certaine indifférence, je regardais le 8e épisode de "Chapeau melon et bottes de cuir" (Etrange hôtel), le 12e épisode de "La porteuse de pain", et surtout le 24e épisode du "Temps de vivre, le temps d'aimer".

Le samedi soir, ce ne sont pas les Carpentier mais Line Renaud qui faisait un show, entourée de peluches animées : "Line direct", suivi du quatrième épisode de "Amicalement vôtre: "L'héritage Ozerov", programmé mais non diffusé le samedi 9 décembre 1972.

Pendant les années 70, les voyages vers la Méditérrannée étaient fréquents : Toulon, Saint Mandrier, Mandelieu. Nous y avions de la famille.

Beaucoup de souvenirs sont ainsi liés à Muriel, même si en dehors de sa passion pour la Camargue, où elle fuga durant le tournage de "La Princesse du rail", j'ignore si elle appréciait la côte d'azur et les Bouches du Rhône. En 1967, elle répéta "Le corso des tireurs" dans une villla, "Le Brimborion", perdue dans les pins de Saint-Jean Cap Ferrat. Cette ville qui inspira à Jean Tennenbaum de choisir le patronyme de "Ferrat" pour faire carrière. On trouve davantage sa trace dans de grandes villes, Paris où elle vécut et mourut, et Lyon où elle nacquit.

J'ai retrouvé le calendrier de 1973 et le lundi 30 avril n'était pas férié. Je pense que tant mon collège que l'entreprise où travaillait ma mère faisaient le pont.

Dans un article de 1977 d'un quotidien national, lors de la rediffusion de "Zoé" en 1977 que j'ai hélas perdu, il était dit que Muriel répétait la pièce qu'elle ne donna jamais en octobre 1977 dans le midi.

Il est certain que le midi, le soleil, la mer, la chaleur, le beau temps, s'accordaient bien avec mes états d'âmes du moment.

Il en sera de même pour les forêts normandes de l'Orne où nous partirons en vacances cet été 1973, comme déjà celui de l'année précédente.

Muriel n'était pas tous les jours à la télévision, et parfois même à des heures où j'étais au collège ("Déclic et des claques"), mais je pensais à elle sans arrêt.

29 avril

Arrivée à Toulon. Nous sommes chez des amis. Le père me conduit sur le port et nous faisons une inoubliable balade en bateau. La mer est calme.

Le port de Toulon est impressionnant, mais nous flânons aussi dans les boutiques de souvenirs. Elle se situent vers le port de plaisance qui donne accès immédiatement au centre ville. Le port maritime et militaire sont à l'écart mais méritent le coup d'oeil.

Je ne me suis pas guéri des "Rois maudits", car en passant devant une boutique, je vois un porte-clef doré en forme d'éventail, chaque lamelle comporte une photo des environs (Bandol, etc...). Je l'accroche au passant de mon pantalon, et cela me donnera quelque temps l'illusion d'être Philippe d'Aunay avec son aumonière dans "Le roi de fer". Je porte toujours une chevalière de ND de Montligeon où est gravée la lettre M pour Muriel à l'intérieur.

Nos amis qui en reçoivent d'autres en plus de nous n'ont pas allumé la télé. Je ne sais s'ils ont la 3e chaîne, qui m'aurait permis de faire connaissance du détective Cannon pour sa dixième enquête : "Plan de vol".

Les souvenirs de Toulon valent nettement ceux des dimanches télévisés.

Je suis revenu plusieurs fois à Toulon, la dernière en 2007, j'ai vu ce port, la ville étendue sous le mont Faron, mais les années ont passé. Muriel, comme le monsieur qui m'avait payé un tour en mer, sont morts depuis longtemps.

Le port lui est toujours là, se moquant bien de mes souvenirs d'adolescent.

Le 29 avril 1973, Télérama signalait la sortie du 33 tours de Louise Forestier "Grands succès" dont "Lindberg" avec Charlebois. Edward Meeks faisait la couverture de Télé Poche et Xavier Gélin celle de Télérama.

Le mois d'avril s'achevait et l'on allait de moins en moins parler de Muriel durant le reste de l'année. Cette-fois, l'attente serait longue puisqu'elle ne reviendra que le samedi 9 février 1974 en mademoiselle de la Faille.

30 avril

Pourquoi n'ais-je pas un souvenir traumatisant d'avoir raté Muriel Baptiste dans "Déclic et des claques" le lundi 21 mai 1973, diffusé à une heure où j'étais au collège ? (lundi de 14h à 17h).
A l'époque, je n'achetais que Télé Poche, et contrairement à Télé 7 jours et Télérama, Télé Poche n'annonce pas la présence au générique de Muriel.

En revanche, deux jours après, je la revois dans un extrait de "La reine étranglée" dans une émission consacrée à Jean Piat.

Et c'est tant mieux si je n'ai pas su que je ratai Muriel, j'en aurais été contrarié.

Finissons le mois d'avril 1973, toujours sans télévision, pour une deuxième journée à Toulon. J'accompagne Tony, le gendre de Monsieur Valls qui m'a emmené faire une balade en mer. Tony a un salon de coiffure, mais je ne me souviens plus s'il me fit une coupe ou non.

Dans ce Toulon printanier, je ne pensais qu'à Muriel. J'avais du soleil dehors et dans le coeur, même si j'ignorais quand je la reverrai, puisque le feuilleton "Le Premier juré" était terminé.

Des promenades au bord de mer remplacent agréablement de rester devant le petit écran, surtout lorsque Muriel n'y est pas.

J'ai signalé que les dimanche sur la 2 étaient déplorables : vieux films et documentaires. Ce que je n'ai pas dit, c'est que parfois nous allions le dimanche chez des cousins à Salon de Provence.

Merveilleux printemps 1973.

1er mai

Les jeunes n'ont pas connu cette époque, mais le 1er mai, jour de la fête du travail, les programmes TV ne commençaient qu'en soirée. Aujourd'hui, le 1er mai, même les magasins sont ouverts.

Pour moi, c'était le retour de Toulon à Montélimar. Et ce n'était certainement pas "Arpad le tzigane" qui allait me faire regarder la télévision.

Il n'y avait de toute façon rien en soirée ("Bienvenue à Michel Simon" sur la Une ou le western "Hombre" avec Paul Newman sur la 2.

Ce mois de mai, j'attendais un retour de Muriel mais rien n'était prévu dans les programmes.

Telerama vantait dans ses pages disques le 33 tours de Nicoletta sans titre avec "Fio Maravilla" et celui de Julietta "Chansons et légendes pour demain".

C'est une époque où je constate que Muriel ne fait pas ou plus de cinéma. Les films qui sortent à l'époque sont "La bonne année" de Lelouch avec Ventura et Françoise Fabian, et "Ras le bol" de Michel Huisman avec Xavier Gélin.

J'ai découpé et collé dans un cahier tous les résumés du "Premier juré" avec Muriel, mais peu de photos lui ont été consacrées.

Je n'avais aucune idée des projets de Muriel à part la diffusion de "La double vie de Mlle de La Faille".

Je me demande parfois si je ne pensais pas plus à Muriel quand elle était absente de la télévision que présente. L'imagination était plus forte que la réalité.

2 mai

Retour aux habitudes et au bercail.

A 15h15, sur la 2, cinquième épisode de "Daktari" : "Le braconnier".

27e épisode du "Temps de vivre, le temps d'aimer", mais sans "Le Premier juré" ensuite, cela perd beaucoup d'intérêt, d'autant que l'intrigue de la série tourne en rond.

Bien évidemment, "Arpad le tzigane", feuilleton d'aventures sans originalité ne m'attire pas.

Soirée sans télé, la Une proposant le magazine "Feux croisés" qui marque les débuts d' Yves Mourousi, et la 2 "Il vicolo di Madama Lucrezia" de Pierre Badel (mari de Rosy Varte).

Il y avait une bonne émission mais sur la 3, "A bon chat, bon rat", proposant un face à face en chansons entre Alain Barrière et Georges Moustaki. Et en 1973, presque personne ne reçoit la 3. De plus, cela débutait à 22h00.

C'est l'époque où j'achète en livre de poche "Les sultans" de Christine de Rivoyre, dans lequel Muriel joue le rôle de Kim. Cela ne me donne pas envie de voir le film. Lequel film lorsque je le découvrirai longtemps après s'avérera très édulcoré par rapport au récit de l'auteur.

En fait, comme pour "Les Rois maudits", le réalisateur a pris des libertés avec l'oeuvre pour la rendre "tous publics".

Je me demande ce que fait Muriel pendant ce temps-là, elle qui a dû être déçue par l'accueil mitigé du "Premier juré" par le public. Mais que diable est-elle allée faire dans cette galère, où si l'on enlève sa participation, la série perd tout intérêt ?

D'après un guide des pièces en représentation à Paris en mai, "Les quatre vérités" n'était plus à l'affiche.

Et si Muriel se reposait, tout simplement ?

3 mai

Pas vu, comme chaque jeudi, "Chapeau melon et bottes de cuir", le sixième épisode avec Linda Thorson "George et Fred" qui se révelera peu passionnant à sa troisième diffusion en 1980.

Sur la 3, 13e court métrage de la série "Témoignages" : "Un clown dans la nuit".

Cela fait une impression étrange désormais d'entendre à 19h45 la voix de Jean Claude Pascal chanter "Le temps de vivre, le temps d'aimer" qui annonçait des soirées avec Muriel.

Rien en soirée à part Alain Barrière sur la 2 dans "Cadet Rousselle", la série "Le grand amour de Balzac", qui en est à son 3e épisode, se poursuit sans moi. La Une proposait "Au cinéma ce soir": "Macadam" avec Signoret et Françoise Rosay.

Dans "La princesse du rail", Muriel joue dans 17 épisodes sur 26 (évidemment plus dans la version en 13 épisodes rediffusée à l'été 1972), aussi n'est-il pas étonnant que dans "Le Premier juré", elle ne figure pas dans les 20 épisodes.

Toutefois, aucune comparaison entre les deux séries, "La Princesse" est un chef d'oeuvre, dont je pensais que l'édition en DVD en juin 2009 aurait fait reparler de Muriel, ce qui ne fut hélas pas le cas.

Après 1972, j'aurais bien aimé une troisième diffusion de "La Princesse", mais elle n'eut pas lieu durant mon adolescence, et en fait en pleine nuit sur M6 en 1988!

La version 1967 et du DVD comporte 26 épisodes, celle de 1972 13 épisodes mais d'une durée double, ce qui revient au même.

En 1973, l'ORTF aurait pu rediffuser des téléfilms avec Muriel comme "Le corso des tireurs" et "Lancelot du lac" mais préféra nous infliger de vieux films français indigestes, souvent des comédies, et des western obscurs le dimanche après midi.

Dommage qu'en dehors d'un "Maigret" en noir et blanc, elle n'ait pas participé à "Arsène Lupin", "Vidocq", "Les brigades du tigre" en qualité de vedette invitée.

En mai 1973, elle me manquait, comme aujourd'hui.

4 mai

Je ne sais pourquoi Muriel Baptiste a toujours été associée pour moi au soleil de provence, alors qu'elle était lyonnaise, et que "La Princesse du rail" a été tournée en Auvergne.
Mais la trilogie de Pagnol, qui s'achève ce 4 mai avec "César", ne m'a pas touchée comme "Les gens de Mogador" ou "Le château de ma mère" parce-que les films sont très vieux, en noir et blanc, que les acteurs y parlent fort.

Pas grand chose en face sur la Une : Le septième épisode de "Mission Impossible" sur la Une, une série dans laquelle les épisodes se ressemblent tous. Quant à "Arpad le tzigane", on l'aura compris, je le regarde parce-qu'il n'y a rien d'autre.

Septième épisode de "Chapeau melon et bottes de cuir" sur des prisonniers espions russes invisibles : "Les évadés du monastère", à 15h15. On ne retrouve pas le côté épouvante de "Interférences" (Voir 19 avril 1973).

28e épisode du "Temps de vivre, le temps d'aimer" à 19h45. Voilà une semaine qui se termine comme un lendemain de fêtes prolongé.

Muriel n'est plus à la télé chaque jour, il n'y a plus cette fébrilité aux alentours de 20h. Je suis de plus en plus sujet à la rêverie.

"Le Premier juré" a été la grande occasion de revoir Muriel après son rôle dans "Les Rois maudits". Je ne m'en suis certes pas rassasié, je n'en ai jamais assez de Muriel, mais il me semble que c'est une pause. L'absence totale de nouvelle de Muriel va petit à petit, mais pas tout de suite, me détromper.

Michel Sardou sort la chanson "La maladie d'amour" dont les paroles me font penser à Muriel. Ce tube va être matraqué tout l'été.

5 mai

Dans le Télérama du 5 mai 1973, il y a un reportage sur Claude Santelli et Marie-Christine Barrault à propos de "Histoire vraie" de Guy De Maupassant. L'actrice et le réalisateur étaient avec Muriel dans "Lancelot du lac", d'ailleurs on s'attend à un retour sur ce téléfilm vu le titre de l'article "Claude Santelli nous explique comment il est passé de Lancelot du lac à Histoire vraie". Hélas, dans ce long reportage, il n'est pas question de Muriel.

"Histoire vraie" est programmé le samedi sur la Une à 20h35.

"La Porteuse de pain" arrive à sa conclusion, 13e et dernier épisode, à 18h20 sur la Une. Cette série aura commencé pendant l'hiver à l'époque où j'espérais le retour de Muriel, qui a eu lieu dans "Le Premier juré", et se termine en mai après le départ de Muriel. A ce titre, elle aurait pu rester pour moi un symbole des années Muriel, mais ce n'est pas le cas.

A 16h50, septième épisode de "Chapeau melon et bottes de cuir" : "A vos souhaits".

A 21h40, cinquième épisode d' "Amicalement vôtre" : "Un ami d'enfance", l'un des plus émouvants de la série.

Muriel aurait eu sa place dans "Histoire vraie" mais n'avait pas la notoriété de Marie-Christine Barrault. Santelli ne l'a jamais plus engagée après "Lancelot du lac". Sans doute en 1973 n'aurais-je pas compris la profondeur de l'oeuvre de Maupassant, où Varmetot, un maquignon (Pierre Mondy) malmène sa servante Rose (Marie-Christine Barrault), la marie à un autre, le fils Paumelle (Claude Brosset) pour reprendre un autre serveuse qu'il appelle Rose. Belle et tragique histoire. Rappelons que Muriel est plus à l'aise dans le drame (Annunciata, Marguerite) que dans le policier ("Le Premier juré").

A 19h45, 29e épisode du "Temps de vivre, le temps d'aimer" qui se poursuit moins bien qu'il avait commencé. On greffe un crime dans l'histoire, une accusation de meurtre contre la fille de Mathide et Jean. La série est trop longue (quarante épisodes) et le filon s'épuise. Elle est pourtant meilleure que "Le Premier juré" et j'ai souvent souhaité que, les deux séries étant écrites par Alain Quercy, il n'aurait pas été plus opportun que Muriel figure dans "Le Temps de vivre".

Mais de toute façon, Pascale Roberts étant de dix ans l'aînée de Muriel, cette dernière aurait plutôt joué la fille que la femme de Jean-Claude Pascal.

Ce qui est certain, c'est que Muriel, à force de trop choisir ses rôles, n'a pas assez tourné.

6 mai

Pas de "Monroe" ce dimanche, mais pas non plus de vieux film. Non, la Une ne trouve rien de mieux que de rediffuser une production de la 3, "Le machin", grosse erreur de programmation.

Le feuilleton "Le jeune Fabre" n'est pas remplacé

Le film du soir, "Le cri du cormoran le soir au-dessus des jonques" est une comédie burlesque ratée.

La 2 ne déroge pas à son habitude de programmes déplorables.

Onzième épisode de "Cannon" : "Trafic aérien" qui sera rediffusé dans "La Une est à vous.

L'un de ces dimanches de fin de saison 1972-1973, nous sommes allées à Salon de Provence et au retour avons constaté que nous avions raté la fête des écoles (qui ne me concernait plus vraiment étant au collège).

Avant, les dimanches étaient le jour précédant une semaine de "Premier juré" et de rendez-vous avec Muriel, mais ils ont repris leur statut de veille de la reprise du collège!

Déçu par "Les sultans", je n'ai pas acheté "La cavale" d'Albertine Sarrazin cité par Télé Poche en juillet 1972 comme étape cinématographique de Muriel. J'ai cependant acheté "Maigret aux assises".

Je me souviens très bien de cette diffusion avec la fuite de Muriel/Ginette Meurant poursuivie par son mari et Maigret et le dénouement tragique au bord d'une rivière. Cela date pourtant du 11 septembre 1971. Nous recevions de la famille pour le week end et tout le monde était rassemblé devant "Maigret".

Ce jeudi 10 mai 1973, Jean Richard va avoir un terrible accident de voiture.

Je suis dans l'attente que Muriel revienne à la télévision. L'espoir fait vivre, et "Le Premier juré" n'était pas annoncé. Muriel marque ainsi de son empreinte indélibile mais pas désagréable cette année-là. C'est une admiration de tous les instants. Quel dommage qu'elle ait fait une carrière aussi éphémère.

Ce qui ne m'a pas empêché de l'aimer.

7 mai

Ce jour-là, il y avait à 21h30 sur la 2 la passionnant émission "Alain Decaux raconte", ce qui permettait de ne pas rater sur la Une à 20h35 le cinquième et avant-dernier épisode du "Loup des mers" qui traîne un peu en longueur.

Il n'est pas indispensable de voir "Arpad le tzigane" et ses chevauchées à 20h15 sur la Une, ni "Le temps de vivre, le temps d'aimer" à 19h45 sur la 2 qui lui compte une bonne dizaine d'épisodes de trop.

Je me retrouve dans la situation du début janvier, lorsque j'attendais le retour de Muriel. Je n'en suis, en quelque sorte, jamais lassé, bien qu'il faille comprendre qu'elle ne peut à elle seule monopoliser la télévision.

Considérée par Wikipédia comme "la petite fiancée des téléspectateurs", elle va voir arriver une vague de comédiennes rivales un peu plus jeunes, guère plus, mais qui sauront mieux gérer leurs carrières que Muriel. Je pense en particulier à France Dougnac qui va cumuler les feuilletons dès 1973 et prendra sa retraite à 57 ans.

D'autres décrochent telle Paloma Matta, l'épouse de l'acteur François Chaumette, qui en 1973 a quitté le métier pour d'autres priorités et se retrouvera sage femme à l'hôpital Saint Antoine à Paris.

Il valait mieux aimer Muriel que Paloma dont la carrière fut fort réduite, mais les fans de France Dougnac pourront longtemps profiter de son talent à travers la télévision puis le cinéma.

On ne choisit cependant pas d'aimer, et pour moi Muriel est unique. Si elle n'avait pas existé, je ne pense pas que j'aurais éprouvé une telle passion pour une autre comédienne surtout en étant aussi jeune.

Le hasard a facilité cette passion. Si mes parents étaient partis en vacances en juillet 1972, j'aurais sans doute oublié la princesse de Bohême. Ce mois de juillet a conditionné toute cette frénésie de la saison 1972-1973. Je n'étais plus dans "l'attente" en juillet 1972, on le verra sur ce blog lorsque j'évoquerai le premier épisode des "Dernières volontés de Richard Lagrange". Depuis 1967, Muriel avait souvent changé de look (au point que je ne l'ai pas reconnue dans "Les chevaliers du ciel" sans sa perruque noire) et que je n'ai aucun souvenir de la diffusion le 1er avril 1972 de "Allo Juliette" avec Muriel et Danièle Evenou (téléfilm tourné en 1969).

Si les souvenirs de 1967 sont trop lointains dans ma mémoire, je me souviens comme si c'était hier du retour de Muriel en juillet 1972. C'est à cause de cela qu'en mai 1973, j'étais dans une telle attente.

8 mai

Le destin est parfois curieux. Ce mardi soir sur la Une, à la place de "Spectacle pour un inconnu", nous avons une émission de Jean Richard, deux jours avant le terrible accident qui allait l'entraîner six semaines dans le coma.

"Cavalcade circus" était bien le seul programme à voir ce mardi. Une partie variétés avec Léo Ferré, les frères Jacques, et un artiste très en vogue à l'époque, Demis Roussos.

L'émission proposait bien sûr des numéros de cirque, avec la participation d'Achille Zavatta, Lucien Gruss du fameux cirque Gruss.

Je parlais dans la page de lundi 7 de France Dougnac, rivale de Muriel. Elle commence son premier feuilleton sur la 3, "Les sauvagines", et va enchaîner en juin le feuilleton "Le neveu d'Amérique" (dont le générique est chanté par Hugues Aufray). Dès septembre 1973, elle est la vedette féminine de la version "marine" des chevaliers du ciel : "La mer est grande". Elle attaque fort, faisant la couverture des magazines télé. 31 rôles de 1970 à 1988 pour France, contre 21 de 1964 à 1974 pour Muriel. Ce fut sans doute la plus redoutable rivale de Muriel, cadette de cette dernière de huit ans, mais avec beaucoup de rôles au cinéma : "Coup de tête" avec Dewaere, "Les mals partis" où elle est une religieuse amoureuse. En feuilletons, elle bat Muriel avec au compteur "Les sauvagines", "Le neveu d'Amérique", "La malle de Hambourg", "La chasse aux hommes", "La mer est grande", "Opération trafics" (avec Guy Marchand), "Gaston Phébus" (avec Jean-Claude Drouot), "Docteur Erika Werner" (avec Leslie Caron).

La vie a plus souri à France qu'à Muriel, ce qui n'empêchait pas France Dougnac de se plaindre au magazine "Première" d'avoir été un peu écartée des studios, ayant eu un enfant au moment où il ne fallait pas.

vendredi 23 mars 2012

DU 21 AU 25 AVRIL 1973

SAMEDI 21


Très mauvais "Chapeau melon et bottes de cuir" à 15h20 sur la 2, "Mais qui est Steed?", mais cela me permet de faire la connaissance de Linda Thorson, l'autre femme aux bottes de cuir.

Onzième épisode de "La Porteuse de pain" à 18h20 sur la Une. C'est en fait le dernier samedi enchanteur, puisque le rendez-vous quotidien avec Muriel s'arrête mardi 24.

C'est en fait dans le 18e épisode que Mathilde licencie Lorget (Robert Lombard), j'avais annoncé cela trop tôt. A 19h45 sur la 2. Sans "Le Premier juré", le rendez-vous de "Le temps de vivre, le temps d'aimer" va perdre sa saveur.

Troisième épisode de "Amicalement vôtre" à 21h05 : "Regrets éternels". Cette série, pendant quelques semaines, sera ma grande consolation en l'absence de Muriel.

Inutile, à ce stade de l'année, de chercher dans les émissions de théâtre que l'on parle des "Quatre vérités" qui ont commencé le 1er mars. Muriel est-elle toujours sur scène ?

DIMANCHE 22


Fêtes de Pâques 1973 : Paul VII en eurovision célèbre la messe. Un style ancestral et académique qui sera bouleversé par l'arrivée de Jean Paul II. (Première chaîne).

Les programmes de la 2 ne méritent pas que l'on s'y attardent. Comme toujours des dimanches pourris.

Sur la 3 passait à 20h25 le neuvième épisode de "Cannon" : "Regarde toujours devant toi".

Si l'on revient sur la Une, deux chanteurs rares en télé passaient dans "Le sport en fête" de Drucker : Cora Vaucaire et Lény Escudéro.

La bonne surprise, c'est le douzième épisode des "Monroe" que la Une diffuse vraiment au compte-goutte : "Les fantômes de la ville déserte".

A 19h10, douzième épisode du "Jeune Fabre", "La maison de Boussikof" et dernier pour moi, puisque le dimanche suivant je serai à Toulon. Je n'ai donc jamais vu la fin.

Le film du dimanche soir "Passion immortelle" avec Katharine Hepburn ne me tentait pas.

Bien entendu, je suis à l'heure du bilan, puisque "Le Premier juré" se termine mardi. Je me suis habitué à voir Muriel Baptiste tous les jours comme à l'été 72 (que ce blog évoquera bientôt).

Avais-je alors un pressentiment ? Je dirai que j'ai très mal supporté de ne pas savoir quand je reverrai Muriel (en dehors de "La double vie de Mlle de La Faille" toujours pas diffusé). Une chose est sûre, je n'avais qu'elle en tête, et il en sera ainsi toute la fin de l'année 1973 dont l'été sans télé en Normandie où je me promenerai en rêvant.

Toute cette magie et cette fébrilité que Muriel suscitait chez moi depuis "Les Rois maudits" était encore là. Mais le 10 mai 1973, cette passion va tomber dans l'excès : Jean Richard est victime d'un terrible accident de voiture qui le laissera six semaines dans le coma, et ma première pensée ce 10 mai est que si l'acteur meurt, on va peut être rediffuser "Maigret aux assises" avec Muriel. Je regretterai immédiatement cette pensée.

C'était un beau printemps, ensoleillé. L'été le fut aussi. Muriel était dans mon coeur et dans toutes mes pensées. Je cherchais partout des articles sur elle. Plus âgé, j'aurais sans doute cherché à lui écrire. Si c'était à refaire, je le ferai.

LUNDI 23


Avant-dernier rendez vous avec Muriel en ce lundi de Pâques.

La Une propose un bon film, "Michel Strogoff" avec Curd Jürgens de 1956. Puis à 19h45, c'est le 19e épisode sur la 2 de "Le temps de vivre, le temps d'aimer" dans lequel Jean Moser s'en prend à Jérôme qu'il suprend dans la chambre de sa fille Catherine.

Mais avec l'arrêt du "Premier juré", "Le temps de vivre" va beaucoup moins me plaire. C'était l'entrée avant le plat de résistance.

A 20H15, retour de Muriel dans le 19e épisode du "Premier juré". Après une nuit mouvementée passée chez les Bardini, Patrick Leroy roule vers Genève lorsqu'un contrôle de police le surprend. Il parvient cependant à regagner le palais de justice de justesse où va s'ouvrir la dernière audience du procès.

Muriel est là et mon coeur bat d'autant plus que ce sont bientôt les dernières images dans le rôle de Pierrette. Le bonheur devrait durer toujours. Et cette comédienne inspirait à l'adolescent que j'étais un amour fou.

Après les épisodes "L'enrôlement d'un gentleman" et "Un étrange navire", voici le troisième épisode du "Loup des mers" : "En haute mer". Lors d'une bagarre sur le navire, Humprey Van Veyden réussit à s'enfuir avec quelques matelots à bord d'une barque.

"Le Loup des mers" est un excellent roman, mais l'adaptation étirée en six épisodes aurait pu être un peu plus condensée. Je raterai l'épisode "Une femme à bord" la semaine suivante, étant à Toulon. On assiste en fait à deux évasions en barque, celle des troisième et quatrième épisodes, puisque Van Veyden la première fois est rattrapé.

Rien d'autre à la télé ce lundi là.

MARDI 24

Je me souviens fort bien de ce jour là. Ma mère et ma grand mère me laissèrent seul dans l'appartement, invités par une cousine par alliance et sa famille. Bien évidemment, pas question de partir avec elles et de rater Muriel.

Je regardais d'abord le 20e épisode du "Temps de vivre, le temps d'aimer". Jean, fatigué par ses voyages entre Genève et Châtenay, loue un studio à Genève. Mathilde se sent seule et se confie à son amie Sylvie (Perrette Pradier).

Et enfin, c'est le dénouement du "Premier juré". La fin est un peu bâclée et décevante. Les frères Bardini tombent en panne de voiture. Des policiers se proposent de les aider, mais les Bardini prennent la fuite. Ils sont arrêtés et Nicole Roman innocentée. C'est eux qui ont tué leur frère.

Dernière scène : alors qu'ils se comportaient en siimples camarades d'enquête, Patrick enlace Pierrette qui porte toujours son bonnet et part avec elle. Et voilà, le dernier feuilleton avec Muriel s'achève. Je n'ai jamais vu le premier, jamais rediffusé, "Quelle famille" (1965), les autres étant "La princesse du rail" (1967), "Les dernières volontés de Richard Lagrange" (1972) et "Les Rois maudits" (1972).

Muriel aurait pu trouver un meilleur rôle, et un meilleur feuilleton. "Le premier juré" n'a jamais été rediffusé ni édité en VHS ou DVD.

Le printemps, quelque part, se termine avec les dernières images de ce feuilleton policier. Si je me souviens bien, Muriel n'y est pas à son avantage : un imperméable, un pull en laine, un bonnet.

C'est sans doute à cette époque que la maladie de Muriel s'est déclarée, car elle en porte déjà les marques dans "L'affaire Bernardi de Sigoyer".

Le feuilleton qui précède ("Le temps de vivre, le temps d'aimer") devient moins intéressant, et le soleil du printemps n'est plus le même pour moi.

Heureux pourtant, j'attendais son retour. La presse ne parlait pas de Muriel, et elle cacha sa maladie.

Rien d'autre intéressant à la télé ce 24 avril.

MERCREDI 25

Un peu de brume, un peu d'automne
Presque personne dans les rues
C'est un jour triste et monotone
C'est un jour qui n'en finit plus

D'où vient cette mélancolie ?
Et ce silence autour de moi ?
Ce ne sont pas des gouttes de pluie
Dans mes yeux car il ne pleut pas

On dirait un jour comme un autre
Mais c'est mon premier jour sans toi


C'est ce que chantait Nino Ferrer en 1970 dans "Un premier jour sans toi"
C'est ce que je pense ce 25 avril 1973, premier jour sans Muriel


Je regarde distraitement "Daktari" (quatrième épisode "Judy et la hyène") à 15h15 sur la 2, et le 21e épisode du "Temps de vivre, le temps d'aimer".à 19h45. Mathilde Moser préoccupée par l'amour de sa fille pour Jérome se rend sans prévenir à Genève dans le studio de son mari., pour le surprendre avec Carole (Anne Lonnberg). Mais le mari réussit à s'expliquer. C'est l'une de ces scènes où la voix grave de Jean-Claude Pascal prononce, d'une voix exaspérée mais calme : "Mathilde" !

Mathilde apprend que l'usine de Châtenay doit être démantelée et convainc le PDG Wilson de reporter à plus tard la mesure.


C'est un feuilleton d'aventures avec Robert Etcheverry qui remplace "Le Premier juré": "Arpad le tzigane". L'histoire se passe en Hongrie en 1899. Je ne me souviens que du dernier épisode.

Rien en soirée pour moi : "A armes égales" (politique) sur la Une, "Romain Kalbris" sur la 2. La télé a dû rester éteinte.